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La FABRIQUE de SUCRE de MASNY 
      
    En 1836, les frères FIEVET qui exploitaient la ferme dite « des Mottes», la plus importante du village, construisirent une petite sucrerie, reliée à la ferme par un pavé rectiligne.
Cette «  fabrique au sucre » avait pour but de travailler les betteraves sucrières de leur exploitation. Elles étaient mises en silos et on les traitait tout au long de l'hiver. Saison fort rigoureuse en ces temps et les ouvriers devaient les reprendre au pic, car elles gelaient, pour les mettre à la sucrerie.
Usine qui s'agrandit peu à peu et recevant les betteraves des cultivateurs environnants:
.  en 1840, une machine à vapeur et trois générateurs complémentaires y sont installés;
.  en 1846, un gazomètre et une bascule (grand route) complètent les installations qui...
.  en 1899 sont raccordées à la voie ferrée des Mines d' Aniche.
     
     Poursuivie par la famille Delloye, l'activité cessa en 1963.
      
     Les betteraves sont alors successivement acheminées à la sucrerie Béghin de Corbehem, puis à Thumeries et actuellement à Escaudoeuvres.
      
                                                               Paul Tiberghien - Gérard Courtecuisse
                                                    A MASNY, la MINOTERIE DENEL
 
Mi XIX° siècle
. A Ecaillon, M. Scoliège est propriétaire-exploitant du moulin à eau.
. Moulin qui est repris par M. Achille Denel (arrière grand-père).
. L'eau se tarissant, M. Denel obtient un dédommagement pour perte de force motrice sous la forme de l'installation d'une machine à vapeur en substitution...
. Il transfert, par la suite, son activité à Masny, rue du Faubourg (notre rue S. Lanoy) dans les bâtiments de plain-pied existant alors...
... et la meule est amenée d'Ecaillon...
      
...vers1925
.  Extension de l'activité - Complète transformation:
   .  l'immeuble est rehaussé de deux niveaux, tel qu'il est encore;
   .  une machine à gaz pauvre (gazogène) remplace la machine à vapeur trop faible pour la nouvelle installation;
   .  des appareils à cylindres prennent la succession de la meule, montée alors au premier étage.
             Elle ne sera plus employée que pour la mouture d'aliments pour animaux, sauf
             pendant la Seconde Guerre Mondiale où elle sert au broyage du son nécessaire  à la confection du « pain complet » et occasionnellement pour l’alimentation des animaux.
        
31 mars 1962
. arrêt de l'activité et rachat de contingent par la "Société Meunière" de Lille, moyennant une indemnisation compensant un dédit de 99 ans.
       
Effectifs
 . Deux salariés: un conducteur de cylindres, un ouvrier meunier (manoeuvre).
       
Production annuelle : entre 15.000 et 17.000 quintaux de blé  -  Taux d'extraction : 72% de produits panifiables (98 % pendant la guerre).
       
                                                             Gérard Courtecuisse - Mars 1986-­
                                                 Sur site et d'après Francis Denel
© Masnystoria  - 2007
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Les AGRICULTEURS MASNYSIENS
à l'arrivée de Paul Tiberghien en 1958
 
Rue S. Lanoy : Alain Fiévet - Jean-Louis Méresse - François Poulain.
 
Rue G. Péri : René Houvenaghel.
    
Rue du Bosquet : Léon Pinaton - Marcel Tanchon.
    
Rue Fauqueux : Joseph Picquette - Alexandre Descamps - Jules Duflo
Femand Brassart - Bénoni Caron.
   
Rue Caffart : Germain Cuisiniér - Marcel Boët - Joseph Momal - ­Léopold Deleu.
     
Rue Bailly.: Pierre Bailly.
     
Rue Martel : Gérard Béague - Etienne Delille.
     
Rue de la Tour : Paul Tiberghien.
     
Rue de la Jaudrée : Aline Poulain - Léon Caffart.
    
Rue Demouveau : Joseph Flinois.
      
Route Nationale : Victor Jacquemart - François Flinois - Julien Desprez.
      
Ecarts : Sylvain Dufour.
         
... soit 27
      
. Maraîcher : Henri Pamart - Rue S. Lanoy.
       
    2006 :  
deux agriculteurs : . Francis Béague
                             . Thierry Brabant (Installé cette année).
    
                                                                 Murielle Houvenaghel - Paul Tiberghien - Gérard Courtecuisse
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GLANES  HISTORIQUES
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EXTRAITS des ARCHIVES MUNICIPALES
    
NOVEMBRE 1804  «On tue le loup qui, depuis des mois, désolait les habitants dudit Masny et lieux voisins ».
     
12 AVRIL 1825   Arrêté municipal interdisant de laisser aller les poules, les coqs, dans les jardins et dans les champs.
  
20 JUILLET1829   Rapport du maire...
« les maisons sont rectangulaires et peu élevées... beaucoup sont construites avec de la terre mêlée à de la paille et couvertes en chaume, d'autres en briques et chaume, exception faite de quelques unes couvertes en pannes ou tuiles... ».
     
2 NOVEMBRE 1829 : Rapport sur le village établi par le maire qui y évoque : «la circulation difficile dans les communes rurales en raison de l'état des chemins... la nature égoïste du rural (sic)... ».
     
21 SEPTEMBRE 1831 : Rapport du maire :
« La plupart des habitants est occupée dans l'agriculture mais quelques-uns font de la toile et du satin...
la terre est travaillée avec les moyens encore bien rudimentaires: charrue, bêche et houe...
on cultive le froment, le seigle, l'orge, l'avoine, les pois, les fèves, les vesces, le colza,
l'oeillette, le foin, le trèfle, la luzerne, les haricots, le houblon, les divers légumes...
les principales essences croissant sur le territoire sont : le peuplier, le bois blanc, le saule,
l'aulne... Seuls trois petits bosquets témoignent encore des vastes plantations d'antan... ».
      
12 AOÛT 1833  Le maire au sous-préfet à Douai :
« ... la plupart des élèves payants ne fréquentent l'école que depuis le mois de novembre jusqu'au commencement du printemps, temps auquel on les retire de l'école pour les faire
paître les vaches, sarcler, ratisser et ensuite aider à faire la moisson et les semailles,
ramasser le foin, cueillir les pommes de terre... ».
      
2 AVRIL 1838 : « Adjudication des herbes des chemins verts communaux dits de Sainte Gourdaine et de la Hautoie...

EPIZOOTIES :
. 1872 : Peste bovine,
. 1882-1885 :« péripneumonie contagieuse sur les animaux de Mme Vve Brassart...
. 1892 : Fièvre aphteuse...
     
5 DECEMBRE 1879 : Arrêté préfectoral ordonnant le « curage des cours d'eau de la commune de Masny :
Art. 1 : Les cours d'eau dits: Courant de Masny - de Lewarde - de l'abreuvoir de la
place St-Jean - de l'abreuvoir Dominique - de l'abreuvoir du centre - de l'Arbrisseau...
Art. 2: le lit du cours d'eau sera débarrassé de tous obstacles quelconques, les
éboulements de rive seront radicalement relevés et l'on fera disparaitre les souches d'arbres... les arbres déracinés, couchés, ceux menaçant ruine et les buissons, les broussailles et touffes de bois susceptibles d'arrêter et d'amonceler les matières flottantes dans les crues ordinaires.
Art. 3: Les produits du curage sont déposés sur les terres riveraines, les propriétaires en disposeront comme ils le jugeront convenable... ...
     
21 MAI 1910  « Vu le maraudage continuel qui se pratique dans les champs, on crée un emploi de garde messier ».
     
GUERRE 1914-1918   Mainmise totale de l'occupant sur la culture et le cheptel : emblavements, récoltes, fenaison, parcage des bovins, mise bas et abattage des bêtes, glanage, arrachage des pommes de terre...
   
8 DECEMBRE 1918  L'armée anglaise met huit paires de chevaux à la disposition des cultivateurs afin d'aider à la reprise de l'agriculture.
      
DERNIERE GUERRE. 1940 : L'agriculture passe sous le contrôle de l'autorité militaire allemande représentée par le commandant-comte de Westphalie... cartes de rationnement... réquisitions... «  Contrôle économique d'Etat »...
                                  . 1941: Nomination de gardes de récoltes.
        
                                                                                     Gérard Courtecuisse 
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DANS les PATTES des CHEVAUX
 
Elle avait trois ans.
 
Toute la famille était à l'église pour le baptême de la petite dernière (et Dieu sait si on baptisait tôt en ces temps !).
 
La maman, toujours alitée, se trouvait seule à la maison avec Elle.
 
Dans la ferme régnait un calme inhabituel... et propice...
 
Sereine, elle traverse la cour... rentre dans l'écurie à l'atmosphère chaude et odorante...
Au grand étonnement des fidèles et robustes animaux, elle s'immisce, dans la paille, entre leurs pattes... découvre leur intimité...
Ils reconnaissent son odeur, ses caresses frôlées...
 
Leur petite maîtresse vient leur faire un coucou impromptu... pour le moins déconcertant... flattés, charmés ils s'interdisent tout mouvement...
 
     Elle ne recommencera pas... pour ne plus alarmer sa maman... et ne plus subir les sourcils courroucés de son papa...
 
                                                    Gérard Courtecuisse - d'après « des» souvenirs
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LE BLINDE au secours de l'AGRICULTEUR
     
Automne 1939...
S'ouvre la campagne betteravière qui augure une énorme production.
Et la guerre, déclarée depuis le trois septembre, a tari la main d'oeuvre.
     
Les troupes britanniques se sont installées à Masny... elles ont ouvert des tranchées-abris sur la grand’ place. Leur matériel impressionne.
    
Fernand Brassart, important « cinsier », dont la ferme carrée s'étend de cette place au sentier «Derrière les jardins », procède à l'arrachage de betteraves dans un champ à
l'arrière du presbytère, non loin du cimetière extra-muros actuel.    
Au fur et à mesure du chargement, les roues en bois cerclées de fer de l'imposant char à quatre roues s'enfoncent inexorablement dans la terre gorgée d'eau: une source formant un courant souterrain superficiel coulant vers le nord-est, un « surgeon » la détrempait. Aucun attelage animal n'est susceptible de désembourber le véhicule...
     
Les Anglais viennent alors à la rescousse... avec une chenillette... (aux grands maux, grands remèdes!) qui, bientôt entreprend de sortir « ch'car » de son piège aquatique...
     
L'engin militaire, dans une gerbe de boue, tire de toute sa puissance... et arrache... le seul avant-train !
La lourde charge demeure captive de la terre.
     
     On ne connaît pas la suite de ce désagrément cependant inhérent à la vie rurale. 
       
                                                                           Paul Tiberghien - Gérard Courtecuisse
                                                                        d’après les souvenirs de Fernand Brassart.
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ANECDOTES  du  CRU



Nostalgie... des chevaux...
 
     Dans ma petite enfance, il y eut « Trésor »... « Louis », et déjà pour eux existait une habitude : chaque matin, quand ils sortaient de l'écurie, ils venaient à la porte de la cuisine où nous leur donnions un sucre, qu'ils prenaient dans notre main. S'il n'y avait personne pour les accueillir sur le seuil, ils attendaient quelques secondes et partaient « derrière» la maison pour être attelés.
   
 Plus tard, cet usage a continué avec «Bob» et «Tarascon », deux fringants chevaux assez dissemblables mais qui composaient un attelage efficace et bien reconnaissable: Bob, à la robe marron-roux, vif, vigoureux, était le fils de «Xéres », la jument d'Alexandre Descamps tandis que Tarascon, gris, plus petit, venait de la « fosse Vuillemin ». C'était un «cheval de mine », frondeur, assez capricieux. Il se faisait souvent rappeler à l'ordre !
  
En 1960, après avoir cessé toute activité agricole, mon père se sépara de ses chevaux. Redoutant de voir ses compagnons dans d'autres mains, où ils auraient peut-être été moins bien traités, il décida, compte tenu de leur âge, qu'ils iraient à l'abattoir.
   
C'était un matin de mai, calme et odorant. Seuls, quelques pigeons volaient d'un toit à l'autre sous un ciel très bleu.
Bob et Tarascon sortirent de l'écurie, se présentèrent devant le seuil, respectant la limite du petit trottoir carrelé qui longeait la maison. Et quand ma mère tendit la main avec le sucre, ils tournèrent la tête, jetant un regard tendre et mouillé - regard de reproche ? - refusant la friandise habituelle.
   
Avaient-ils compris, n'étant pas harnachés, qu'ils n'allaient pas au travail quotidien?
Avaient-ils vu la tristesse de ma mère?
Ils marchèrent tête baissée, le sabot lourd, vers le van qui devait les emporter...
   
Non ! Ce n'était pas un matin de printemps comme les autres...
    
                                Thérésa LAURENT-CAFFART - Juillet 2006 - pour Masnystoria                 
2ème Partie

Extraits et photos
d'après l'ouvrage
 
SOUVENIRS
de L'EVOLUTION de L'AGRICULTURE
AU COURS du XX° SIECLE